Les plateformes de traduction

Une collègue ayant posté dans la liste noire d’un site professionnel a attiré mon attention sur une nouvelle (?) catégorie d’intermédiaires dans notre secteur d’activité, à savoir les plateformes de traduction.

Sans vouloir interdire à qui que ce soit de lancer de nouveaux concepts d’affaires, je me demande quel est le besoin réel du marché pour de telles structures, sachant le nombre déjà assez conséquent d’agences existantes et la course aux prix bas qui en résulte. Et ceci, sans même évoquer p. ex. les grandes agences d’Europe du Nord, lesquelles confient leurs projets à de petites agences d’Europe du Sud, lesquelles cherchent à leur tour des traducteurs acceptant de travailler pour des tarifs compris entre 5 et 6 eurocents/mot source HT !

Pour simplifier, disons que de telles structures se proposent de mettre en relation l’offre et la demande, donc en l’occurrence les clients (entreprises conventionnelles, agences/cabinets de traduction…) et les prestataires de services (traducteurs, interprètes, formateurs en langues…), ceci bien entendu contre rémunération.

En ce qui me concerne, et outre les réserves que je pourrais formuler contre la “charte” qui est imposée aux prestataires de services, entre autres :

  • obligation de fournir les copies de diplômes et les références client,
  • obligation de verser une “commission” dès acceptation de la commande,
  • obligation d’attendre la validation du client pour être payé,
  • et j’en passe….

par l’une d’entre elles, ainsi que l’autre désignation générique qu’elle se donne –“place de marché”[*], je vois mal quel bénéfice notre secteur d’activité est censé retirer de l’existence de ces plateformes de traduction.

Un intermédiaire de plus, cela signifie forcément (par simple logique mathématique) que le prestataire effectuant au final le travail supporte à lui tout seul les diverses commissions des intermédiaires, ce qui réduit pratiquement sa marge à peu de choses, voire à zéro.

Sans parler des éventuelles conséquences légales et financières, puisque le rôle même de la plateforme de traduction exclut, en apparence du moins, toute implication de sa part dans le paiement des prestataires de services.

Il est bien entendu que personne n’est obligé de travailler pour des structures de ce genre. Seulement voilà : pour un nombre N de structures à fin 2008, combien de concepts identiques ou similaires à fin 2009 ? C’est un modèle d’affaires qui risque de se propager, vu le très bon rapport investissement/retour sur investissement… et les traducteurs libéraux n’en bénéficieront probablement pas.

N’attendons pas d’être directement concernés (ou mieux : pris à la gorge) pour réagir !

[*] ce qui évoque presque irrésistiblement le Palais Brogniart, Wall Street ou… une quelconque foire aux bestiaux (et/ou à l’empoigne)…

PS : J’allais oublier de dire que la collègue ayant posté son message dans le forum sus mentionné l’a fait parce qu’elle n’arrive pas à se faire payer !

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À propos kraulandblog
Traducteur français/allemand/anglais, établi à Forbach (Moselle, France), souhaitant partager mon expérience professionnelle et mes "coups de gueule"

One Response to Les plateformes de traduction

  1. kraulandblog says:

    Aux dernières nouvelles (un bruit reste un bruit tant qu’il n’est pas confirmé par la voie officielle), la société ayant créé cette plateforme serait en redressement ou en liquidation judiciaire…

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