Le grand « n’importe quoi » (1)

Je me permets de signaler une anecdote qui vaut son pesant d’or (ou de mitraille, au choix).

Soit en l’espèce : un client final français (traducteur d’une part et externalisateur d’autre part) contacte pour sous-traitance une agence indienne, qui à son tour fait appel à un traducteur camerounais – ceci pour une traduction de l’anglais vers le français.

Le traducteur se plaint de ne pas avoir été payé, l’agence affirme que le client n’était pas satisfait du travail et refuse de payer tout en précisant qu’elle paiera le traducteur de sa poche.

Des commentaires ? Personnellement, et tout en me disant que chacun fait comme il veut, je commence à fumer !

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La décennie du zér0…

pour ma part, je dirais que c’était, sous certains aspects, la décennie du nombre imaginaire (0, -∞), tant la rationalité et le bon sens semblent avoir être jetés aux oubliettes…

Merci en tout cas à Kevin Lossner d’avoir posté le lien vers cet article très intéressant – une réflexion utile : http://www.nytimes.com/2009/12/28/opinion/28krugman.html?_r=1&em.

Bonne Année 2010 !

Encore et toujours les prix bas… (mise à jour : 31/12/09)

que l’on devrait plus correctement appeler des « starvation rates » (ou tarifs de misère) : http://www.proz.com/forum/french/153428-attention_offres_sur_proz%3A_tarifs_comiques.html

MÀJ 26.12.2009 : A mettre en relation avec mon post précédent, cela va sans dire. Ou encore ceci, toujours sur le même forum : http://www.proz.com/forum/french/154094-pays_pauvres_donc_tarifs_pauvres_ben_voyons.html

MÀJ 31.12.2009 : Dernière minute (puisque je ne reviendrai probablement pas sur ce blog avant l’année prochaine) : j’ai décidé, pour la nouvelle année, de ne plus intervenir dans les discussions relatives aux prix depuis que j’ai appris de source sûre et vu de mes propres yeux que certain(e)s collègues sous-traitent elles/eux aussi à des tarifs de misère.

D’où ma dernière intervention sur ProZ.com :

Bande jaune

31 décembre 2009, 11:41

Pour ma part, je prends pour résolution n° 1 au niveau professionnel de ne plus intervenir dans les fils traitant de tarifs, comiques ou pas. Parce que (la nouvelle est toute fraîche, je l’ai reçue il y a une heure ou deux), voir des collègues qui portent double casquette pratiquant d’un côté ce qu’ils condamnent de l’autre en mordant très largement sur la bande jaune, cela fait bien rire (jaune, en l’occurrence  – et pas « par la bande »)…

Bonne année quand même !

Quand un exploiteur notoire parle…

et se vante de sa réussite, il lui arrive de dire la vérité (ou une partie de la vérité). Que voici, en n’oubliant pas que ce Monsieur est blacklisté pour défaut de paiement depuis le début des années 2000 (c’est-à-dire à peu près depuis que ces sites professionnels existent !) sur ProZ.com (2002) et GoTranslators (2005). Qui donc s’enrichit aux « dépes » (je suppose que le lapsus est révélateur) des autres ?

Chers clients,

Il ressort de cette illustration que le Père Noël, en cet an de grâce 2009, n’a pas assez de place pour tous les oursons puisque deux d’entre eux doivent marcher à pied ; à moins qu’il s’agisse des parents oursons désespérément condamnés à rester piétons toute leur vie…
Le but de la philosophie du monde n’est pas de le comprendre, mais de lui donner le sens le mieux adapté à nos aspirations et à nos moyens sachant que le soleil brille pour tout le monde.
La philosophie de mon entreprise, depuis 1972, a été d’exploiter au mieux les ressources du marché européen en fonction de mes moyens. C’est ainsi qu’il m’a été possible de générer une croissance soutenue du CA de 25% dix années durant. Aujourd’hui, malgré une conjoncture austère, j’ai réussi à augmenter en Allemagne mon chiffre d’affaire ce mois de novembre de 43% par rapport au même mois en 2007, avant la crise : un record.
Cette réussite est le fruit d’une clientèle qui partage ma philosophie en ce sens qu’elle a compris que l’on ne récolte que ce que l’on a semé auparavant. Quiconque veut s’enrichir aux dépes des autres, risque un jour de finir sur la paille. Si la crise a plus durement frappé l’Europe paralysée par les traités européens, ceux qui réussissent n’ont pas hésité à explorer le marché dans des pays où il y a moins d’obstacles à l’entreprise et au risque de l’entrepreneur : la croissance vient des pays disposés à semer avant de récolter, là où les prédateurs ne vous dérobent pas le fruit du labeur avant de récolter.
Ma réussite, depuis l’entrée en vigueur de l’euro, est le fruit d’un gel radical des prix. Je ne cache pas que mes traducteurs se recrutent désormais dans une vingtaine de pays, là où la vie est moins chère. Ma Limited tient la route au Royaume Uni, sans nul doute le paradis du libéralisme qui favorise la mondialisation des petits comme des grands.
C’est ainsi qu’il m’a été possible de moderniser mon parc d’ordinateurs et de logiciels, de sorte à pouvoir traiter des fichiers de 100 MO et plus dans les secteurs techniques les plus avancés.

J’ai apporté la preuve que le « bon marché » peut aussi être « haut de gamme » en termes de rapidité, de technicité et de personnalisation des services, car le client sait apprécier quand il a une voix humaine et non un répondeur au téléphone. Eu égard à nos bons résultats au cours du second semestre, notre cabinet sera fermé du 21 décembre 2009 au 3 janvier 2010. J’emporte mon ordinateur portable pendant cette période pour rester en contact avec mon aimable clientèle. Notons toutefois que la plupart des traducteurs seront eux aussi partis en congé pendant les fêtes de fin d’année.
Nous vous souhaitons de joyeuses fêtes de Noël et du Nouvel An et nous réjouirons de vous retrouver l’an prochain, pimpants et pleins d’élan.

Un souhait

Faisons très bref, une fois n’étant pas coutume.
Mon souhait pour certain(e)s de mes collègues est très clairement qu’aucun client (agence de traduction ou client direct) ne décide jamais de lire les messages postés dans les forums des sites professionnels dédiés ou encore de parcourir les informations contenues dans les profils.
Des fautes d’orthographe, de grammaire aux oublis dans des exemples de traduction en passant par des questions élémentaires (« Comment faire fonctionner ce progiciel que je viens d’acheter ? ») jusqu’aux propos désobligeants envers les responsables du site ou d’autres collègues, il y a là un véritable florilège qui pose une fois de plus la question de la compétence réelle de certain(e)s.
Le clou du jour étant sans doute cette réponse à une question relative à une mission d’interprétation (je préfère « interprétariat », mais soyons modernes – que diable !) : « Je crois savoir qu’à l’heure actuelle, c’est payé XX euros par page« . A rapprocher de cette déclaration étonnante, qui mérite elle aussi de passer à la postérité : « J’ai ouvert le segment à traduire avec l’outil de TAO et il ne se passe rien ».
Des commentaires ?

La mondialisation, une relation à sens unique

Lien vers l’article trouvé hier sur le site de l’IAPTI (International Association of Professional Translators and Interpreters), créée en date du 30 septembre 2009 :

http://www.aipti.org/eng/articles/art1-globalization-gone-awry-the-rice-for-intellect-mindset.html

En attendant d’avoir (peut-être) l’autorisation de le traduire en français…

Concours de traduction ProZ.com : la déception

Un « concours de traduction », sur un site professionnel tel que ProZ.com, peut être une chose intéressante.

C’est, pour ma part, le premier concours pour lequel j’ai fait des remarques et soumis des appréciations dans mes combinaisons de langues principales, à savoir français>allemand et allemand>français. Disons-le tout net : au moins dans ces paires dites communes et pour des textes de portée générale (articles de presse écrits sur un ton assez léger),  les résultats sont très décevants,  parfois à la limite du catastrophique… avec dans chaque paire une traduction automatique ! Comme si un traducteur, même débutant, était incapable de faire la différence entre ce genre de traduction et un travail réalisé par un cerveau humain.

Au-delà de cette constatation assez surprenante, la qualité des traductions laisse à désirer. On a l’impression d’avoir affaire à des traductions bâclées, sans réelle motivation voire sans aucune recherche à propos des sujets traités, et réalisées simplement pour pouvoir concourir. A ce niveau, une question se pose : faut-il récompenser les participants ? Ma réponse serait très clairement Non, dans la mesure où l’on est quasiment forcé, pour prendre une décision, de choisir non pas la meilleure traduction, mais bien la moins mauvaise…

Au vu des traductions proposées dans ce concours, je me dis que la culture de la qualité, dans le domaine des PST, a encore beaucoup de progrès à faire. Et je ne m’étonne plus des réticences dont font preuve beaucoup de clients potentiels dès lors qu’ils se voient dans l’obligation de faire traduire des documents !

Il faut simplement espérer (et les résultats finaux le diront bientôt) que d’autres combinaisons de langues auront généré des traductions plus probantes.